• EXTRAIT 4: Au sujet de Fauste, des Aes et de la ville

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         Une lumière dorée, apaisante, émanait de la cité. Les rayons du crépuscule se reflétaient en nuances de feu sur ses murs cuivrés.

         Trois arbres gigantesques, à la fois fins et sinueux, dépassaient des toits. Le tintement de leur feuillage cristallin berçait les habitants nuit et jour, une particularité que les végétaux devaient au contact de leur racines avec Ircadès.

         Au sommet d’une coupole religieuse, non loin de l'un des arbres fantastiques, Fauste n’avait rien perdu de la conférence et encore moins des exploits du waherlïn. La jeune femme rangea ses lunettes à vision lointaine et ferma les yeux quelques instants tandis que le buste d’un humanoïde de bronze liquide émergea du dôme à ses côtés.

         — Voilà ce qu’il en coûte de se retirer dans la pénombre d’une grotte trop longtemps.

         Fauste battit des cils, ses grands yeux verts d’eau se reflétèrent dans le métal lisse et brillant. Elle les dissimula derrière une paire de lunettes de soleil, releva ses cheveux vermillon et les noua.

         — Vous n’arrêtez jamais de faire la morale, Aes ?

         — Nous sommes partout dans cette ville. Nous reflétons, silencieux et immobile, mais nombreux sont ceux

    qui oublient que nous entendons et voyons tout. Nous sommes une créature pensante et non un simple parement de métal.

         — Un simple non aurait suffit.

         — L’Aes ne fait l’honneur de sa discussion qu’à certaines créatures. Chaque mot prononcé par l’Aes est une vérité, et l’Aes dit que votre retour est une bénédiction car le temps est venu pour les esprits anciens de se réunir.

         — Ce que vous êtes bavard pour une colonie parasitaire, soupira-t-elle.

         — Voilà ce qu’il en coûte de se retirer dans la pénombre d’une grotte, sans personne à qui parler.

         Le buste se plaça face à la jeune femme et lui tendit la main. Il guida ses pas sur la courbure de la coupole, la fit passer au-dessus du vide et glissa gracieusement avec elle le long de la façade. Touchant terre, la jeune femme esquissa une courbette élégante et s’éloigna


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